10 de agosto de 2006

Marchenoir sobre la Transfiguración

Sigo leyendo la Femme Pauvre y me encuentro con este comentario a tono con los tiempos de la liturgia. Habla Marchenoir frente a una exultante Clotilde y un interesado Gacougnol (Que me imagino reclinado hacia atrás con una mano en su barba).

— J’entends bien, dit l’autre. Mais je ne suis pas un fanatique de Raphaël. J’admire en lui tout ce qu’on voudra, excepté l’artiste religieux. Sa seule Vierge tolérable est celle de Dresde, et encore, c’est une rosière. Quant à sa Transfiguration, voici mon très humble postulat. Depuis trois cent cinquante ans qu’elle existe, un seul homme a-t-il jamais pu prier devant cette image ? À l’aspect de ces trois gymnastes en peignoir qui s’enlèvent symétriquement sur le tremplin des nuées, je déclare qu’il me serait tout à fait impossible de bafouiller la moindre oraison.
— Savez-vous pourquoi ? reprit Marchenoir. C’est que Raphaël, au mépris de l’Évangile, qui n’en dit pas un seul mot, a tenu à faire planer ses trois personnages lumineux, obéissant à une peinturière tradition d’extase infiniment déplacée dans la circonstance. L’ancêtre fameux de notre bondieuserie sulpicienne, qui feuilletait plus souvent les draps de sa boulangère que les pages du Livre saint, n’a pas compris qu’il était absolument indispensable que les Pieds de Jésus touchassent le sol pour que sa Transfiguration fût terrestre et pour que la parole de Simon-Pierre offrant les trois tabernacles[25] ne fût point une absurdité. Vous parlez de la prière. Ah ! c’est, en effet, le vrai point. Une œuvre d’art prétendu religieux qui n’inspire pas la prière est aussi monstrueuse qu’une belle femme qui n’allumerait personne. Si nous n’étions pas hébétés par la consigne des traditionnelles admirations, nous n’arriverions pas à concevoir, que dis-je ? nous serions épouvantés d’une Madone ou d’un Christ qui n’aurait pas le pouvoir de nous mettre à deux genoux.
Or, voici le châtiment, plus terrible qu’on ne pourrait le supposer. Les sublimes imagiers du Moyen Âge demandaient souvent, au bas de leurs œuvres, très humblement, qu’on priât pour eux, espérant ainsi d’être mêlés aux balbutiements des extases que leurs naïves représentations excitaient. Au contraire, l’âme désolée de Raphaël flotte en vain, depuis trois siècles, devant ses toiles d’immortalité. La cohue des générations qui l’admirent ne lui fera jamais d’autre aumône que l’inutile suffrage qu’il a demandé… Peut-être, un jour, sera-t-il permis enfin d’affirmer que la peinture dite religieuse des Renaissants n’a pas été moins funeste au Christianisme que Luther même, et j’attends le poète clairvoyant qui chantera le « Paradis perdu » de notre innocence esthétique[26]. Mais fermons cette parenthèse et revenons à notre sujet.

Interesante el punto de vista e intrigante como nuestras mentes de siglo XXI interpretan gráficamente los hechos de la vida de Jesús, tan afectos como somos al cine y a la imagen. Igual, este no es el aspecto central de la cuestión, no creo que Marchenoir esté tan "enojado" con Rafael, creo que lo que hay es una velada crítica a unos de las grandes injusticias de la historia de Europa: el total olvido de la Edad Media.

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